Introduction
à la PCG

Vous cherchez de l’information générale ou vous envisagez commencer une planification communautaire globale (PCG)? Cette section vous fournira des éléments clés pour approfondir votre compréhension du concept, de ses origines et des principales étapes de la démarche.

Planification
Communautaire Globale: définitions

Un plan communautaire global, c’est un plan avec une vision sur 20 ans ou plus, qui permet d’incarner la vision et d’atteindre les objectifs que la communauté a vraiment à cœur : autodétermination, autosuffisance, guérison, revitalisation de la langue, etc.

Pour créer le plan, on s’engage dans une démarche de planification communautaire globale. Même si chaque démarche et chaque plan est unique, ils ont des points communs.

PLANIFICATION

Un ensemble d’activités visant à créer un plan. Le plan inclut :

Communautaire

Tous les membres de la communauté ou citoyen.nes de la Nation sont impliqués dans la planification, peu importe :

Globale

La planification explore le passé, le présent et l’avenir. Elle touche tous les aspects d’une Première Nation, notamment :

La PCG, c’est notre meilleur outil d’harmonisation et chaque communauté décide comment s’exprime cette harmonisation. Nous harmonisons la manière dont nous prenons des décisions avec la manière dont nous souhaitons avancer, progresser, et avec notre vision communautaire. C’est le meilleur outil pour harmoniser la vision des membres avec celle des gens en position d’autorité. Nous y arrivons en nous rappelant d’où nous venons, en étant et en devenant pleinement qui nous sommes. L’écoute est une des clés de ce processus. Une autre clé consiste à tisser et à maintenir des relations.
Dawn Germain-Metallic
Mentore en PCG, Listuguj

D’où vient la PCG?

Les peuples de l’île de la Tortue planifient depuis les temps immémoriaux, pour assurer le mieux-être et l’harmonie des individus, des familles, des clans, des communautés, des Nations et des territoires. 

Les exemples de planification autochtone sont nombreux, chaque peuple ayant développé ses propres pratiques en fonction de son territoire et des autres peuples avec lesquels il est en relation.

© Émie Rainville

quelques exemples de planification autochtone millénaire :

Nation Kanien'kehá:ka - l’unification des Six Nations Haudenosaunee par Kaianere'kó:wa (la Grande loi de paix), l’organisation territoriale et agricole selon les rôles de chacun, les trois niveaux de gouvernance

Nation Innu - le cycle de vie nomade, la gestion des rivières pour la pêche au saumon, les lots familiaux

Nation Atikamekw - la gestion des territoires familiaux, l’organisation des activités traditionnelles en fonction des 6 saisons

Les pratiques de planification ont évolué à travers le temps, pour s’adapter aux réalités toujours changeantes du territoire et de la société.

De la Planification millénaire à la planification communautaire

Au début des années 2000, un type de planification, à l’origine utilisé en urbanisme, a fait son chemin jusqu’aux Premiers Peuples. La planification communautaire globale (PCG) est basée sur un ensemble de pratiques par lesquelles un groupe se concerte et développe une vision à long terme pour l’occupation et l’utilisation d’un espace géographique. Avec la PCG, les Premiers Peuples ont vu une opportunité de réintégrer leurs savoirs ancestraux pour planifier leur avenir autrement, de manière inclusive et holistique.

© Annie Hervieux

En 2004, un projet-pilote a été lancé avec cinq communautés en Colombie-Britannique: Okanagan, Lytton, Squiala, We Wai Kai (Cape Mudge) et Yekooche. Le projet était soutenu par le ministère des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada. Ces premières expériences, couronnées de succès, ont permis de développer une approche de PCG propre aux Premières Nations de la région, grâce à un programme de mentorat, à la création d’une communauté de pratique et à l’élaboration de ressources, notamment le Guide de la PCG – Planification communautaire globale pour les Premières Nations de la Colombie-Britannique Quatrième Édition.

Parallèlement, les nations Mi’gmaq/Mi’gmak et Wolastoqey de la région de l’Atlantique se sont également engagées dans un projet-pilote de PCG.  Dirigé par l’Unité des villes et de l’environnement de l’Université Dalhousie, le projet a permis d’élaborer une méthodologie de planification et d’urbanisme qui visait à répondre différemment aux besoins des communautés des Premières Nations, et qui assurerait un développement adapté à leurs réalités et à leurs cultures.

Dans notre région

Au Québec, Akwesasne, Listuguj et Waskaganish ont été les pionnières de la PCG, commençant leurs démarches entre 2013 et 2016. Par la suite, l’IDDPNQL a reçu un financement fédéral pour offrir de l’accompagnement en PCG. La Première Nation Abitibi8inni et Kebaowek First Nation ont été les premières à participer au projet-pilote, suivies de près par Kahnawà:ke, Listuguj et Uashat mak Mani-utenam. Le mouvement a rapidement pris de l’ampleur, si bien qu’aujourd’hui, une vingtaine de Premières Nations sont impliquées ou en voie de commencer une PCG.

L’expertise propre à notre région s’est développée et est reconnue à travers l’île de la Tortue. Pour faciliter l’entraide et partager les savoirs, nous comptons sur le Cercle en planification des Premières Nations, qui s’agrandit constamment.

Pour en savoir plus sur le Cercle, visitez la page :

Quelles relations entre
les types de plans?

Pour réaliser ses objectifs, une communauté a besoin de plusieurs outils de planification, reliés entre eux. Chaque plan a un objectif et des caractéristiques différentes.

Le plan communautaire global alimente tous les autres plans, en mettant la vision et les objectifs communautaires au cœur de l’action.

Objectif

Guide le développement de tous les domaines d’une communauté ou d’une Première Nation : aspects sociaux, culture et langue, économie, éducation, gouvernance, infrastructures, logement, santé et mieux-être, territoire, etc. Couvre généralement tout le territoire ancestral.

Relations avec autres plans

Oriente tous les autres plans de la communauté, en donnant la vision, les valeurs et les priorités à long terme.

Portée

20 ans ou plus

Principales composantes

Vision collective, orientations et objectifs à long terme.

Participant.es

Tous les membres ou citoyen.nes, incluant ceux vivant à l’extérieur.

Objectif

Guide le développement d’une organisation ou d’un secteur précis.

Relations avec autres plans

Utilisé pour mettre en œuvre les priorités du PCG.

Portée

3 à 5 ans

Principales composantes

Buts, actions, responsables et échéanciers précis.

Participant.es

Membres de l’organisation ou du secteur, sans ou avec peu de consultations communautaires.

Objectif

Guide l’occupation et utilisation des terres de réserve ou du territoire ancestral.

Relations avec autres plans

Utilisé pour faciliter ou mettre en œuvre les priorités du PCG en matière de territoire, d’infrastructures et de logement.

Portée

10 ans ou plus

Principales composantes

Zonage, activités et modalités précises.

Participant.es

Membres des équipes territoire, infrastructure et logement, avec consultations communautaires.

Chaque année, l’administration et les organisations communautaires se donnent aussi des plans sectoriels et opérationnels, pour prévoir leurs activités en détail. Ces plans annuels, basés sur le PCG et les plans stratégiques, assurent la réalisation des objectifs de la communauté.

Les plans sont complémentaires, ils tracent ensemble le chemin vers la vision de la Première Nation

Relations entre les plans

La PCG: UNE DÉMARCHE CYCLIQUE

La PCG, c’est une démarche cyclique qui comporte quatre grandes phases. En moyenne, une communauté recommence son cycle tous les 7 à 10 ans. Le cycle n’est pas linéaire: il arrive que les phases se chevauchent, qu’elles soient interrompues, que la communauté revienne en arrière pour valider des éléments, etc.

En pratique, il faut souvent faire quelques détours pour compléter un cycle de planification

Pourquoi faire
une PCG?

Quelle étincelle allume le feu de la PCG dans une communauté? Pourquoi choisir de faire cette démarche collective? Chaque communauté a ses propres raisons, mais certaines étincelles sont souvent mentionnées.

© Marjolaine Mckenzie

On fait une PCG pour…

Pour découvrir les histoires partagées par des communautés en PCG, consultez la section S’INSPIRER.

Quelques éléments clés à retenir

En résumé,
la PCG c’est…

…une communauté qui trace son chemin vers l’autodétermination, de l’autosuffisance et de la guérison.

…une démarche à l’image de la communauté. Chaque PCG est unique!

…un moyen pour une communauté de se donner une vision collective qui touche tous les aspects de son développement : culture, économie, éducation, gouvernance, infrastructures, logement, ressources naturelles, santé, territoire, urbanisme, etc.

…un plan communautaire avec une vision sur 20 ans ou plus, pour atteindre les objectifs que la communauté a vraiment à cœur : autodétermination, autosuffisance, guérison, revitalisation de la langue, mieux-être, etc.

…un plan qui alimente tous les autres plans, en mettant la vision et les objectifs communautaires au cœur de l’action. Les plans sectoriels et opérationnels basés sur la PCG assurent que les objectifs de la communauté sont réalisés et guident l’action des élu.e.s et de l’administration.

…des activités inclusives qui impliquent tous les citoyen.nes, peu importe leur âge, emploi, famille, genre ou lieu de résidence.

…un cycle de planification en quatre phases. En moyenne, les communautés recommencent le cycle tous les 7 à 10 ans. Le cycle n’est pas linéaire : il arrive que les phases se chevauchent, qu’elles soient interrompues, que la communauté revienne en arrière pour valider des éléments, etc.

…des changements profonds et positifs qui se produisent tout au long de la démarche, bien avant la publication du plan. Relations, façons de faire, activités réalisées, connaissances, compétences… la PCG peut influencer tous les aspects de la communauté.

Vous SONGEZ À COMMENCER UNE PCG ET AIMERIEZ EN SAVOIR PLUS?

Nous vous invitons à consulter la section Commencer une PCG