Anishinabeg
kebaowek
La Première Nation de Kebaowek
Les ancêtres de la PNK (Première Nation de Kebaowek), autrefois nomades, occupaient un vaste territoire en Ontario : de Kirkland Lake à North Bay, et de North Bay jusqu’aux environs de Pembroke. Au Québec, le territoire qu’ils occupaient s’étendait jusqu’à Rouyn-Noranda au nord, jusqu’au sud du Témiscamingue et jusqu’au lac Dumoine à l’est. Leurs ancêtres directs provenaient du secteur du lac Brennon, de Mattawa et de Wolf Lake. Ils arrivaient du Grand lac Victoria (Québec) et du lac Dewdney (Ontario), et étaient très impliqués dans le commerce avec la Compagnie de Baie d’Hudson. Au fil des ans, ils se sont installés près de Kipawa, de Wolf Lake et du lac Grassy, puis près de Hunter’s Point.
En 1974-75, toute la population a quitté Hunter’s Point en direction de la réserve nouvellement créée. En 2015, à la demande de nombreux membres, le nom de la réserve a été changé pour redevenir la Première Nation de Kebaowek. Aujourd’hui, cette belle communauté, fière membre de la Nation Algonquine Anishinabeg, s’étend sur plus de 20,9 hectares sur la rive sud du lac Kipawa. En 2022, PNK compte 1 136 citoyen.nes et environ 25 % d’entre eux résident dans la communauté. De nombreux membres de la PNK résident à North Bay, à Témiscaming, et à d’autres endroits au Québec et en Ontario. Les citoyen.nes de Kebaowek luttent encore aujourd’hui pour récupérer leurs terres et assurer un avenir pour leurs enfants, en exerçant leur autodétermination.
Sources :
Quel a été le
point de départ
de la planification communautaire globale?
Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu
En 2016, l’IDDPNQL a lancé un appel à projets pour le projet-pilote en planification communautaire globale (PCG). La PNK a déposé son projet de PCG et obtenu un financement pour une période initiale de deux ans, grâce aux efforts conjugués des secteurs de la gestion territoriale et du développement économique, soutenus par le Chef et le Conseil.
À l’époque, un exercice de planification stratégique à l’échelle du Conseil venait d’être complété, et Kebaowek semblait prêt à mettre sur pied un processus de planification communautaire qui aiderait à favoriser la croissance de la communauté.
De quelle manière la démarche de planification a-t-elle progressé?





Initialement, c’est l’agent de développement économique qui a agi comme coordonnateur de la PCG, en organisant une première rencontre communautaire à l’automne 2016. Les objectifs de cette rencontre étaient de présenter le concept de la PCG, d’expliquer pourquoi la PNK s’engageait dans cette démarche, et d’explorer les avantages d’une PCG. Ils souhaitaient aussi assurer la transparence du processus en invitant les membres de la communauté à faire partie de l’équipe de planification, et surtout, expliquer à tout le monde que le plan serait réalisé par et pour la communauté. Environ 30 à 35 personnes ont participé à la rencontre et 11 d’entre elles ont manifesté leur désir de faire partie de l’équipe de planification.
Les bases d’une stratégie de communication ont ensuite été établies, afin de tenir informés et de mobiliser les membres de la PNK : une section sur la PCG a été ajoutée au site Web, un groupe Facebook sur la PCG a été créé, des articles ont été publiés dans le bulletin communautaire, et le Chef a écrit une chronique au sujet de la PCG dans ses messages communautaires. Les premières rencontres ont été tenues avec la nouvelle équipe de planification afin de discuter de son mandat.
Rapidement, ils se sont rendus à l’évidence que coordonner la démarche de planification représentait un travail à temps plein. Le Chef et le Conseil ont donc décidé d’embaucher une coordonnatrice de la PCG qui serait supervisée par l’agent de développement économique, afin de profiter de son expérience et faciliter sa transition. La nouvelle coordonnatrice a été embauchée en 2017, apportant au projet ses connaissances approfondies au sujet de la PNK et sa vaste expérience en mobilisation communautaire.
Après avoir pris le temps de se familiariser avec la PCG, la coordonnatrice s’est concentrée sur le renforcement des communications avec la communauté, par l’entremise de nouveaux outils d’information et la participation à la plupart des événements communautaires. Elle a créé un premier questionnaire avec comme objectif d’inclure autant que possible les membres vivant hors réserve. Le questionnaire et les premières activités de mobilisation communautaire ont joué un rôle crucial afin d’en apprendre davantage sur les priorités et la vision de la communauté. Au fil du temps, de plus en plus de citoyen.nes ont participé aux événements de la PCG, rassemblant jusqu’à 100 membres par événement, soit plus de 30 % de la population vivant à Kebaowek. En 2018-19, avec l’aide de l’équipe de planification, la coordonnatrice en PCG a organisé d’autres rassemblements communautaires, des séances d’information, des ateliers et des groupes de discussion, en collaborant avec d’autres programmes pour maintenir l’intérêt des gens.
En 2020, toute l’information recueillie a été prise, analysée et présentée aux membres de la communauté, afin d’assurer que les priorités de la communauté avaient bien été identifiées. La validation a été faite en quatre parties, au moyen de questionnaires. Les réponses ont été compilées, analysées et rendues accessibles aux membres de la communauté. Ces données validées serviront de base pour la rédaction du document final de la PCG.
Quels changements
la PCG a-t-elle
apporté à Kebaowek?


Dès le premier jour, la démarche de planification communautaire de la Première Nation de Kebaowek a bénéficié d’un excellent soutien de la part du Chef et du Conseil. Cet appui, ainsi que la participation de nombreuses personnes aux activités de mobilisation, ont été essentiels pour répondre aux besoins de la communauté et identifier les éléments manquants.
En voici des exemples :
En respectant la vision de la communauté, l’équipe de planification et l’administration ont pu mettre en œuvre certaines actions identifiées comme prioritaires, même si le plan final n’est pas encore entièrement rédigé.
De nombreux projets ont été réalisés ou sont en cours afin d’augmenter les revenus autonomes et pour assurer la durabilité. Un exemple parlant est la construction et le lancement de la nouvelle marina, un élément clé de la stratégie touristique de la PNK. Un projet d’érablière en est à ses débuts, et la PNK continue de participer à l’exploitation et à la gestion du Parc national Opémican.
Le projet de centre culturel est développé en collaboration avec un comité aviseur local et implique la réalisation de nombreuses activités de mobilisation communautaire.
Reconnaissant que cet enjeu est une priorité pour les citoyen.nes de la PNK, une coordonnatrice culturelle a été embauchée pour élaborer des programmes et des services en matière de langue et de culture, en particulier pour les jeunes et les aîné.e.s. Une coordonnatrice linguistique pourrait également être embauchée sous peu. L’équipe de la PCG a aussi collaboré étroitement avec l’équipe de Minwashin afin d’organiser l’édition 2019 de MIAJA, un rassemblement pour célébrer la langue anicinape.
C’est l’une des grandes priorités de la communauté, qui se traduit par la création d’un nouvel écocentre et par la participation aux processus d’évaluations environnementales. L’objectif est de protéger le territoire et l’eau pour les générations futures.
Les données collectées lors des activités de mobilisation communautaire ont été partagées avec l’administration, afin que les programmes et services puissent mieux refléter les priorités des membres de la communauté. Une formation en communication a été offerte aux employé.e.s et aux gestionnaires de la PNK, afin de favoriser une efficacité et une confiance accrues.
Grâce à la collaboration et à travers la démarche de planification, les gens ont réalisé que prendre soin les un.e.s des autres sont des éléments clés pour nourrir des relations solides.
L’équipe de la PCG a soutenu les jeunes, les enfants et les aîné.e.s de la communauté qui ont collaboré à la création de la collection de 18 livres trilingues de la PNK. Créés en trois phases distinctes, les livres sont une opportunité pour les générations d’apprendre ensemble, tout en contribuant à la revitalisation de la langue.
De nouveaux types de logements sont prévus pour accueillir les aîné.e.s. Des lots privés et des maisons sont également planifiés pour les familles qui désirent vivre au sein de la communauté.
L’équipe de la PCG a appuyé la création d’une station de radio communautaire, en organisant un concours visant à trouver le nom de la nouvelle station. Ce projet a permis une grande collaboration avec l’équipe de la station, et contribué à garder les citoyen.nes informé.e.s de l’avancement de la démarche de PCG et des activités à venir (ateliers, des groupes de discussion, etc.).
« Le processus de la PCG nous a vraiment réunis, il nous a rapprochés. Je ne savais pas d’où venait ma famille avant de lire les résultats des recherches ! Au bout du compte, la démarche de planification a été une occasion de comprendre qui nous sommes, d’où nous venons, ce qui nous relie les un.e.s aux autres et nos liens avec le territoire. »
Quelles sont les prochaines
étapes?
À ce stade, la prochaine étape sera de finaliser le document de la PCG, la version écrite du plan complet. Ce sera un document de travail vivant et évolutif. Une fois le plan publié, l’équipe de la PCG organisera une fête pour célébrer le travail accompli et présenter le document à la communauté. Chaque famille recevra un exemplaire imprimé du document. Tous les secteurs de l’administration recevront également une copie du plan comme document de référence, afin qu’ils puissent harmoniser leurs plans stratégiques avec le plan communautaire, avec le soutien du Chef et du Conseil. Des stratégies seront développées pour s’assurer que tous les secteurs ont l’information dont ils ont besoin pour continuer à mettre en œuvre le plan communautaire et à enraciner leurs actions dans la vision de la communauté.
Pour en savoir plus :