Anishinabeg
long point
La Première Nation de Long Point
La Première Nation de Long Point (PNLP), Kakinwawigak (longue pointe) en anishinabemowin, aussi connue sous le nom de Winneway, est l’une des neuf communautés Anishinabeg situées au Québec, en territoire ancestral non cédé. Elle est l’une des onze communautés qui forment la Nation Algonquine Anishinabeg. La communauté est située près de la Kitci Zibi (Grande rivière, rivière des Outaouais), dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue.
En 2023, la communauté comptait 971 membres inscrits. Parmi eux, environ 52 % résidaient sur la communauté, 45 %vivaient à l’extérieur, et 3 % demeuraient dans d’autres communautés.
Les membres de la PNLP ont été déplacés de force à deux reprises au cours du 20e siècle, dû à des projets industriels (coupes forestières et réservoirs hydroélectriques). Au début des années 1900, les membres de la communauté vivaient près du lac des Quinze, où était situé un des postes de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson. L’inondation du territoire a forcé leur relocalisation. En 1950, la communauté s’est établie près de la rivière Winneway, sur un territoire de 0,5 km2. Ce territoire a plus tard été agrandi à 3,29 km2.
Contrairement à la plupart des Premières Nations, la PNLP n’a pas le statut de réserve en vertu de la Loi sur les Indiens. Elle a plutôt le statut d’établissement indien, ce qui limite ses pouvoirs de gouvernance. À ce jour, aucun traité n’a été signé avec la Couronne, ce qui signifie que le territoire de la PNLP est toujours sujet au Titre et aux Droits aborigènes. La carte ci-dessous est fournie à titre indicatif et ne représente aucunement une désignation territoriale officielle.
Quel a été le
point de départ
de la planification communautaire globale?
En 2023, notre directrice générale, les autres directions et les membres du Conseil se sont réunis pour parler du besoin d’avoir une approche stratégique et centrée sur la communauté pour guider le développement durable et à long terme de la Première Nation de Long Point. À l’époque, notre communauté se réunissait souvent, mais c’était principalement pour des événements sociaux. Avec la PCG, l’objectif était de réunir la communauté pour que les gens s’impliquent davantage dans nos projets et activités, à travers des assemblées générales, des rencontres de mise à jour, etc. Le Conseil souhaitait entendre l’avis du plus grand nombre de membres possible afin de guider sa prise de décisions.
Ensemble, nous pourrions créer un cadre de développement durable qui aborderait la santé, le logement, l’éducation et nos besoins économiques tout en maintenant notre intégrité culturelle.
Nous souhaitions trouver une manière de forger un avenir qui respecte nos traditions, tout en continuant notre croissance. Grâce à la PCG, nous voulons nous développer de manière durable et équilibrée, s’assurer que nos pratiques sont durables, garder notre culture bien vivante, et incarner nos valeurs et enseignements traditionnels.
« Je m’appelle Bradley Polson. À l’automne 2023, j’ai accepté le rôle de coordonnateur de la PCG pour la Première Nation de Long Point. J’étais déjà responsable des communications pour ma communauté, et il semblait logique de combiner les deux rôles, puisque les communications sont la clé du succès d’une démarche de planification. Je suis heureux de vous présenter notre démarche de PCG! »



Plusieurs événements ont lieu en cours d’année, et nous sommes une communauté qui sait se rassembler, peu importe ce qui arrive. En tant que coordonnateur de la PCG, je suis très heureux de faire partie d’une communauté qui met nos valeurs traditionnelles au centre de notre vie et qui œuvre à garder notre langue, l’Anishinabemowin, bien vivante. Aujourd’hui, la communauté fait toujours face au défi de maintenir son mode de vie traditionnel face aux contraintes territoriales et à la pression du développement externe, mais les membres de notre communauté continuent d’être résilients.
Coordonateur de la PCG, Première Nation de Long Point
De quelle manière la démarche de planification a-t-elle progressé?
Nous avons dédié la première année de notre démarche de PCG à créer une base solide, en s’assurant de rester fidèles à nos valeurs clés. Pour débuter, j’ai consulté les ressources existantes, notamment le Guide de la PCG, rédigé par des Premières Nations en Colombie-Britannique. J’ai aussi effectué des recherches et consulté les plans créés par d’autres communautés, pour voir comment ils étaient structurés et ce qu’ils contenaient. J’ai participé aux rencontres de notre Cercle PCG régional, où j’ai pu écouter d’autres coordonnateurs parler de leur PCG. C’est vraiment utile d’apprendre les uns des autres, et j’ai pu leur « voler » plusieurs idées inspirantes!
En février 2024, j’ai participé à une formation de 3 jours intitulée Organisations sensibles aux traumatismes. J’ai beaucoup apprécié cette formation, elle m’a enseigné diverses approches pour être sensibles aux manières dont les traumatismes se manifestent dans les employés et les gens en général.
En tant que coordonnateur de la PCG, je peux mettre en pratique tout ce que j’ai appris, et m’assurer que notre démarche favorise le mieux-être, la résilience et la guérison de notre communauté.
Partir sur des bases solides
En s’appuyant sur cette base solide, nous avons commencé à promouvoir la PCG autour de nous, en utilisant divers moyens de communication pour rejoindre la communauté, l’administration et le Conseil. Par exemple, nous avons offert une présentation au Conseil, aux secteurs et aux membres de la communauté. Nous avons présenté l’importance et les avantages de la PCG, le cycle de planification, et comment elle peut être enracinée dans nos valeurs Anishinabeg. Pour moi, c’était important que les gens sachent qu’ils allaient être la force motrice derrière toute la démarche.
Nous nous sommes concentrés sur les communications et avons atteints plusieurs objectifs. Nous avons créé un nouveau plan de communication centré sur la mobilisation communautaire, un plan évolutif créé pour s’adapter aux besoins et intérêts changeants de la communauté, ainsi qu’aux avancées technologiques. Nous avons créé plusieurs nouveaux canaux de communication et fait revivre d’ancien canaux (infolettre, Facebook et Instagram pour les jeunes, etc.). Nous travaillons avec les secteurs pour améliorer les communications, afin que les membres de la communauté connaissent nos services et soient au courant de ce qui se passe.
La participation communautaire est toujours un défi, ce qui est normal quand on présente une nouvelle idée à la communauté. Les gens ont besoin de temps pour embarquer et apprendre à connaître la PCG. Ils ont besoin de temps pour comprendre ce que la PCG peut changer pour nous, et comment l’information sera partagée avec tous les segments de la communauté (aîné.es, jeunes, membres vivant à l’extérieur de la communauté, etc.).






Inviter les jeunes à bâtir leur avenir, notre avenir
Ce que j’ai appris d’autres coordonnateurs en PCG – en particulier de Francine Whiteduck, de Kitigan Zibi – m’a vraiment inspiré quand est venu le temps de créer une équipe de PCG. À l’image de ce que s’est fait à Kitigan Zibi, nous avons décidé de mandater le Conseil des Jeunes pour qu’il guide la démarche de PCG, nous les avons invités à bâtir leur avenir, notre avenir.
Nous avons récemment complété un processus électoral pour combler les deux derniers sièges vacants au Conseil, et nous allons bientôt nous doter d’un plan et d’objectifs pour avancer avec la PCG. C’est excitant de collaborer avec les jeunes parce qu’il n’y a pas de limites à ce qu’ils sont capables d’accomplir. Nous sommes chanceux d’avoir le soutien de Steven Polson, le conseiller du Conseil de la PNLP en charge du dossier de la jeunesse, ainsi que de Sharon Hunter, notre directrice générale. Nous avons généralement beaucoup de soutien, et nous en sommes très reconnaissants.
Quels changements
la PCG a-t-elle
apporté à Long Point?
Nous commençons déjà à voir des changements en ce qui concerne la sensibilisation et la mobilisation communautaires.
Nous sommes fiers de nos principales réussites :
Nous avons plus de moyens de communications, l’information circule davantage et il y a plus de transparence. Nous adaptons notre manière de communiquer et de partager l’information (p.ex. site web, station de radio, etc.), afin de s’assurer que tous les groupes de la communauté sont informés. Ça aide à renforcer la confiance entre les membres, l’administration et le Conseil. De plus en plus, la communauté sent que la démarche leur appartient pour vrai.
Nous avons commencé à mettre en œuvre des changements structurels au sein de certains départements. Nous avons inclus des technologies récentes qui nous aident à rester à jour avec les besoins communautaires toujours en évolution. Nous continuons à améliorer nos infrastructures et à restructurer nos départements, pour mieux répondre aux besoins de la communauté.
Notre nouveau Conseil des Jeunes, avec son tout nouveau mandat en PCG, est un autre changement important. Nous commençons à voir les jeunes en apprendre davantage sur le rôle de leader, dans une perspective Anishinabe, et nous leur offrons la formation dont ils ont besoin pour accomplir leurs rôles et responsabilités.
Nous commençons à récolter les fruits de notre travail pour établir des bases solides en mobilisation communautaire. Par exemple, certains membres ont participé à des groupes de discussion afin d’aider à créer notre nouveaux plan de communication et site web. Des mises à jour régulières (p.ex. infolettre, médias sociaux) ont contribué à augmenter la participation des membres aux rencontres, et ils partagent davantage leurs commentaires.





À court terme, nous sommes guidés par notre objectif global: un avenir durable et inclusif, où chaque membre de la PNLP se sent valorisé et connecté. Nous espérons une mobilisation communautaire et un sentiment d'appartenance envers la PCG toujours grandissants. Nous travaillons à créer un avenir équilibré pour la PNLP, où notre héritage culturel est maintenant, tout en allant vers un développement durable. Notre succès passe par la mise en oeuvre d'approches sensibles aux traumatismes, pour appuyer la résilience communautaire.
Quelles sont les prochaines
étapes?
Pour les mois à venir, nous prévoyons continuer la mobilisation communautaire et renforcer les fondements établis dans la dernière année.
Nous continuerons de connecter avec les membres de la communauté à travers de multiples activités, par exemple :
- Animer des groupes de discussion et des rencontre communautaires, afin de collecter les idées et de créer des espaces où les membres, les employé.e.s et le Conseil peuvent être ensemble.
- Mettre en place une collecte de données structurée pour soutenir la prise de décisions, avec le soutien des départements.
- Lancer le nouveau site web trilingue et le plan de communications, pour améliorer la transparence.
- Utiliser des outils de communication innovants pour rejoindre un plus large public et garder les canaux de communication ouverts.
- Lancer des campagnes de sensibilisation pour encourager la mobilisation communautaire.
- Renforcer les partenariats avec des organisations internes et externes qui peuvent appuyer des initiatives en développement durable.
- Créer un calendrier communautaire.


Pour en savoir plus :
Il est particulièrement important de s’assurer que la PCG est menée par les jeunes. Nous planifions donc d’organiser des rencontres régulières avec le Conseil des Jeunes. Nous leur offrirons de la formation afin qu’ils explorent leurs rôles et responsabilités, qu’ils en apprennent davantage sur la prise de décision sensible aux traumatismes et sur la planification stratégique. Ils seront invités à animer des activités de PCG et à être au cœur de notre démarche. Nous voulons nous assurer que les voix des jeunes sont entendues et qu’ils prennent des décisions clés dans notre communauté.
Je suis excité de continuer pour les prochaines années!